Chassez le naturel, il revient au galop, Liliane Messika

Publié le par danilette's

Mohamed Sifaoui n'en est pas à son coup d'essai, il lutte contre l'islamisme en apparence mais n'oublions pas et moi je n'oublie pas qu'il s'était déjà dévoilé en se portant porté partie civile contre Georges Bensoussan... Voici un excellent article de Liliane Messika paru dans Mabatim

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Chassez le naturel, l’antisionisme revient au galop !

Mohamed Sifaoui lutte contre l’islamisme. Il est donc souvent vu comme un mouton noir parmi les siens. Grâce à l’actualité, il a montré patte blanche au camp de la bien-pensance, qui lui a permis de baigner dans la fraternité. Pour plonger dans le conformisme anti-israélien, il s’est armé d’une bouée à double boudin : un mot pour les Juifs français, une lichette de sécurité pour Israël et hop ! le consensus à marée haute.

Le 11 mai 2022, une journaliste qatarie de 51 ans, Shireen Abu Akleh, a été tuée à Jénine, où elle couvrait les affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et des terroristes.

« Je comprends que des Français juifs, attachés à la sécurité d’#Israël puissent être troublés par ce qui se passe au Proche-Orient (Twitter) » a tweeté Mohamed Sifaoui.

Pourquoi seulement les Français juifs ? Les « Français innocents » en Raymond Barre dans le texte, ils s’en foutent ? La sécurité de la seule démocratie du Moyen-Orient ne concernerait que les Juifs ?

Vous pouvez lire l'article sur https://mabatim.info/2022/05/14/chassez-le-naturel-lantisionisme-revient-au-galop/

« Bafouer la démocratie en se réclamant d’elle » ou bafouer le bon sens ?

« On ne peut pas, sauf à vouloir être hypocrite, porter en France des discours humanistes et universalistes et accepter qu’un gouvernement d’extrême droite en #Israël bafoue la démocratie tout en se réclamant d’elle », a continué le pépieur.

Aaah, la démocratie ! Le pire régime à part tous les autres… Il a fallu que les Israéliens aillent voter quatre fois pour réussir à constituer un gouvernement. C’est pas la faute à pad’chance, ni celle de pasd’démocratie, c’est parce qu’ils ont hérité de leur occupant british un système à la proportionnelle, qui donne un pouvoir exorbitant aux petits partis susceptibles d’apporter le point qui manque.

Tant mieux pour le parti arabe Ra’am, qui a ainsi pu accéder au gouvernement.

Mais Sifaoui a raison : issu des Frères musulmans, Ra’am peut être qualifié d’extrême-droite. Tous ses semblables, soutenus en bloc par les islamo-gauchistes, sont d’extrême-droite : religieux, intolérants, violents… Qui se ressemble s’assemble. Conclusion ?

Ce qui ne ressemble pas à la démocratie, ce sont les deux Palestine. On n’y voit pas, comme en Israël, des élections à répétition : les Cisjordaniens n’ont pas voté depuis 2005, quand ils ont élu Mahmoud Abbas pour 4 ans. Les Gazaouis, c’est depuis 2007, quand le Hamas a fait un coup d’État contre l’Autorité palestinienne d’Abbas.

Y a-t-il, dans l’une ou l’autre des Palestine, un parti juif au pouvoir ? Non, parce qu’il n’y a pas de Juif en Palestine et s’il y en avait, ce serait un dhimmi1 qui n’aurait aucun droit, sauf celui de se faire persécuter.

Alors quelle démocratie bafoue Israël, exactement ?

Qui empêche le peuple palestinien de jouir des mêmes droits que les Israéliens ?

« Il y a également un peuple palestinien qui doit jouir lui aussi des mêmes droits et de notre solidarité » continue Sifaoui-le-Sage.

Israël a quitté Gaza en 2005 sans contrepartie. C’est le Hamas, pas Israël, qui torture les homosexuels en prison (Tetu). C’est le Hamas, pas Israël, qui oblige des femmes infidèles à choisir le martyre pour épargner le déshonneur à leurs enfants (Wikipédia).

Quant à la Cisjordanie, suite aux Accords d’Oslo, depuis 1993, la zone A est exclusivement administrée par l’Autorité palestinienne, la zone B est sous contrôle civil palestinien et sous contrôle militaire conjoint israélo-palestinien. Environ 2,8 millions de Palestiniens vivent dans ces deux zones. Israël n’administre que la zone C, où vivent 150 000 Palestiniens et près de 400 000 Juifs. Dans des « colonies ». En Israël aussi, il y a des colonies arabes, mais comme les Arabes sont citoyens israéliens, ils jouissent de tous les droits civiques, y compris celui de n’avoir pas besoin d’être protégés par l’armée. Alors on appelle les villages arabes des « villages ».

S’il y a bien un peuple qui jouit de notre solidarité, c’est le peuple palestinien. On sait au moins depuis 2013 où passent les milliards versés par l’Union européenne. Ou plus exactement, on est sûrs de savoir où ils ne passent pas. C’est la Cour des comptes européenne qui a cafté et c’est le Financial Times qui l’a publié : à travers le programme d’aide de l’UE à la Palestine, « Pégase », les contribuables européens ont versé, entre 2007 et 2013, presque trois milliards d’euros (2,9 milliards) à fonds perdus. Pas perdus pour tout le monde, si on se rappelle que la veuve Arafat continue à toucher 100 000 $ par mois de pension de réversion en échange de son silence sur les comptes off-shore de feu son époux (MABATIM.INFO)…

En 2016, rebelote : ce sont les Anglais qui se sont découverts dindons d’une farce pas drôle : 72 millions de £ avaient été données à la Palestine, dont 8 millions consacrés à un nouveau palais pour Mahmoud Abbas (DailyMail).

Et qu’est-ce qu’on a fait depuis ? On a continué à verser de la « solidarité » des milliards de solidarités sonnante et trébuchante.


Jéningrad, deuxième saison ?

« Dans l’affaire qui concerne la mort de #ShireenAbuAkleh tout converge objectivement vers une accusation mettant en cause l’armée israélienne : les témoignages, les fake News diffusées y compris par le premier ministre israélien, les rétropédalages de l’armée, etc. » Dixit Sifaoui dans sa version prêt-à-penser.

Tout converge « objectivement » ? Les témoignages de qui ? Les Palestiniens accusent Israël en bloc, c’est normal, un réflexe conditionné. Le Premier ministre israélien dit qu’il faut une enquête. Qui est-ce qui rétropédale dans la semoule ?

Cette séquence est un remake : Jénine, 2002, opération « Rempart ». L’armée israélienne était entrée dans cette « pépinière de kamikazes » à la recherche des terroristes qui avaient provoqué 120 morts et des centaines de blessés et mutilés civils.

Les « témoignages convergeaient objectivement » : la presse se régalait à accuser les Israéliens de massacrer la population. On en était à 500 morts, puis 5000, bientôt 50 000 : Jéningrad. Le Prix Nobel de littérature portugais José Saramengo avait comparé Ramallah à Auschwitz (le Monde)…

Finalement, ce qui a convergé, ce sont les sources israéliennes et palestiniennes, Tsahal et l’hôpital de Jénine. En témoigne le rapport de l’ONU publié le 1er août 2002 (Archives Web) : le nombre total des morts palestiniens était de 52, le bilan côté israélien se montait à 23 morts et 60 blessés.

Aujourd’hui, Jénine.2-Le retour, une journaliste est tuée. C’est dramatique et les accusés d’office israéliens sont ceux qui le regrettent certainement le plus.

Leurs témoignages, à eux, c’est de vouloir attendre la fin de l’enquête avant d’accuser. Ça tombe bien : l’enquête est en cours, des deux côtés, parce que les Palestiniens ne veulent pas coopérer avec les Israéliens. L’autopsie a été faite par les Palestiniens. La balle a été retirée, mais elle est top secrète. L’Autorité palestinienne ne veut pas partager (World Israel News). C’est bizarre : si ça avait été une balle israélienne, ils l’auraient exhibée, non ? Non. Ce qui doit converger, c’est l’accusation contre Israël.

Un autre témoignage : celui de deux Palestiniens surexcités, arrivant de l’endroit où la journaliste a été tuée et criant : « Un soldat est tombé ! On a blessé un soldat ! (Twitter) »

Leur joie est communicative, mais ce jour-là, aucun soldat israélien n’a été blessé ou tué. La seule mort à déplorer a été celle de la journaliste. Oups.

Sous les pavés, le témoignage. Et Sifaoui n’attend pas la fin de l’enquête pour juger :

« ce gouvernement tombe dans le piège du « tout sécuritaire » qui l’amène à considérer que la vie d’un Arabe ne vaut rien sinon peu de choses. »

Ce gouvernement, bis repetita, est constitué notamment d’un ministre arabe, Mansour Abbas, leader du Parti Ra’am, dont le fonds de commerce est de favoriser sa communauté. Pour lui, Arab Lives Matter doublement ! LM

 

Liliane Messika, MABATIM.INFO

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