Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 15:12
- Publié dans : France

Il m'a semblé intéressant de mettre en ligne cet article d'André Gallego, le directeur de l'information du Journal Toulousain après la tuerie de Toulouse. Je n'ai pas oublié son bel article après le massacre d'Itamar, il y a un an. Voici des extraits de son éditorial : 

 

Avons-nous trahi nos Pères ? – 29 MARS 2012

C’est ce que me remet en réflexion l’actualité de ces derniers jours avec un gamin, né sur le territoire français mais qui ne se reconnaît pas des nôtres. Avec tout ce que cela sous-entend d’incompétence, de faiblesse, de la part des pouvoirs publics. Comme d’incapacité à appréhender et surtout reconnaître que, faute de remède radical, le pire est à venir.

Une société dont je suis et assume ma part de responsabilité. Car nous avons failli à tous les niveaux, pour n’avoir pas su poser les vrais problèmes et faire respecter les règles de démocratie qui sont les nôtres. Nous n’avons pas su opposer à toutes ces dérives communautaires la Laïcité. Cette conception supérieure d’un vivre ensemble dont la garantie devrait en permanence nous être apportée par l’Etat avec la liberté de conscience et du droit d’exprimer ses convictions. Sauf qu’elle ne sort d’aucun catéchisme, ne contient aucun secret si ce n’est celui de permettre à l’Homme de s’épanouir, de rester libre et debout. Oui, la Laïcité est vivante, mais elle n’est pas au-dessus de l’Homme. Elle se discute, se remet en cause et pourquoi pas se corrige. Mais attention : ne jamais oublier qu’elle est la référence majeure de notre République et de toutes ses institutions. Ce n’est pas un hasard si elle est inscrite dans l’article 2 de notre Constitution, pour nous rappeler en permanence que : «La France est une république indivisible, laïque et démocratique. Qu’elle assure l’égalité, devant la loi, de tous les citoyens sans discrimination d’origine, de race ou de religion». Oui, elle respecte toutes les croyances. 

Un héritage qui nous vient de luttes humanistes qui sont l’aboutissement d’une réflexion de plusieurs siècles et qui s’appuient sur deux textes majeurs : la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 et la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat du 9 décembre 1905. 

Oui, elle se nourrit de notions telles que la liberté, l’égalité, la solidarité envers l’Autre pour constituer les vraies bases d’un vivre ensemble harmonieux. La laïcité n’est rien d’autre que l’affirmation de l’humanité de l’Homme, de sa capacité à choisir : la compréhension plutôt que la soumission à un dogme, la critique plutôt que la simple obéissance, le doute plutôt que la certitude… Penser par ses propres forces, sans soumission à quelques gourous ou dogmes que ce soit. 

Certes, cela demande bien des efforts. L’exercice n’est pas simple et le résultat le plus souvent lent et ingrat. Mais quand bien même, la difficulté du chemin à parcourir, pour aller les uns vers les autres, nous rappelle que la paix entre les Hommes est à ce prix. Ne l’oublions pas… 

Mais elle fait aussi que même si un terroriste français de confession musulmane abat des militaires français, majoritairement eux aussi de confession musulmane, puis va tuer à bout portant, dans une école juive des enfants et un père de famille, nous proposons pour toute réponse des familles dignes qui n’appellent même pas à la haine de l’autre. Pas de voitures brûlées pas de magasins pillés, pas d’affrontement face à la police. Probablement un problème de civilisation. 

Mais pour le «Pied-Noir» que je suis… 

Devant ce drame qui a touché des Hommes de toutes confessions, martyrisé trois petits anges qui s’éveillaient à la vie et à Dieu… le Père, le Grand-Père et le croyant que je suis, après avoir séché ses larmes et contenu sa haine, ne peut rester muet. Il se demande quelle est la bête immonde qui habitait le gamin qui portait l’arme, habite ceux qui l’ont armé, que l’on se doit de châtier coûte que coûte et même de poursuivre jusqu’en enfer. 

Car je ne peux croire, comme le discours officiel, à droite et à gauche, voudrait nous le faire croire, qu’ils ne sont, sur le territoire français, qu’une poignée d’hommes et de femmes à vouloir la fin de l’Occident pour nous imposer leur diktat. Mais plutôt des milliers, à vivre sur notre territoire et pour qui, l’humanisme que je prône et défends, ne serait que discours de pacotille à offrir à des illuminés qui ont l’audace de croire en 2012 qu’ils sont capables de changer le genre humain. Oui, on se doit de donner des réponses adaptées à la situation. D’être assurés que des pays étrangers, avec leurs pétrodollars, ne font pas de l’entrisme pour être demain ni plus ni moins que le cheval de Troie qui déstabilisera notre république pour nous imposer leurs règles et valeurs humaines. 

A entendre le père du présumé coupable qui depuis son Algérie natale menace notre pays, je ne peux oublier que ce drame coïncide, mais il n’y a pas de coïncidence, avec l’anniversaire des 50 ans de l’indépendance de l’Algérie. Souvenons-nous le 19 mars 1962, était décidé le cessez-le-feu unilatéral qui allait amener aussi l’exode «Pieds-Noirs» et des Harkis pour la France. D’un côté, chassés du pays qui les a vus naître et grandir et de l’autre, leur pays où l’accueil était plus que mitigé pour ne pas dire récalcitrant. Et pourtant des deux côtés des rives de la Méditerranée, leur légitimité était grande de justifier leur droit du sol. Toujours gagné à la sueur de leur front, le sang et les larmes, qu’on ne l’oublie jamais.

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