Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 23:58
- Publié dans : Jean-Pierre Bensimon

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 Un autre regard sur le Proche-Orient Avril 2012 n°6

Quand il prend le contrôle du territoire en 1967, Israël trouve un système d'approvisionnement et de gestion de l'eau quasiment antique. Il est basé sur des aqueducs romains (Wadi Qelt, Wadi Uja, Wadi Faria, ainsi que deux petits systèmes supplémentaires, l’aqueduc de Naplouse , et celui de Jérusalem). Les Britanniques avaient construit en tout et pour tout deux petites installations basées sur l'électricité pour Jérusalem et Ramallah. Les Jordaniens avaient aussi introduit en 1965 des techniques plus évoluées de forage de tout petits puits. La production totale était de 66 millions de m3 par an les années pluvieuses. Sur les 708 communautés municipale palestiniennes, 4 étaient dotées d’un réseau de distribution d'eau courante.

Israël va projeter le système palestinien dans l'âge moderne. Construction de puits à fort débit, construction d'un réseau de canalisations, formation de spécialistes arabes. Au moment du transfert de souveraineté en 1995, les communautés palestiniennes ayant l'eau courante étaient passées de 4 à 309 et la production de 66 à 118 millions de m3 par an. La coopération est organisée et se poursuit jusqu'à ce jour à travers une commission mixte de l'eau. Israël s’occupe de l'extension du réseau palestinien et effectue des transferts qui assurent aux Palestiniens des volumes d'eau supérieurs aux obligations des traités. (voir le graphique). Israël fournit ainsi tous les ans environ 52 millions de m3 à ses voisins de l’Est.

Désormais, 96% des Palestiniens ont l'eau courante chez eux (cas unique dans le monde arabe). Les volumes assurés par Israël sont passés de 118 à 200 millions de m3 par an entre 1995 et 2007. Face aux 150 m3 par tête des Israéliens, chaque Palestinien dispose désormais de 140 m3.

Ces chiffres sont contestés par ces derniers car il y a un litige important sur l'effectif réel de la population des Territoires. Cependant les quantités réellement disponibles pour les ménages palestiniens sont réduites par le gouffre que représentent l'agriculture archaïque, les gaspillages, le non recyclage et les fuites du réseau. C'est ainsi que le volume d'eau douce disponible par tête ne serait que de 105 litre par jour, au delà de la norme de l'OMS (100 l par jour). Notons que de nombreux puits sur l'aquifère oriental, dûment autorisés, n'ont pas été creusés par l'Autorité palestinienne, et qu’une usine de dessalement a été refusée.

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Volumes d’eau assurés à l’Autorité palestinienne depuis l’accord intérimaire de 1995

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