L’antisémitisme qui revient en force dans la période actuelle un peu partout dans le monde est aussi le fait d’intellectuels qui sous couvert d’antisionisme et à l’aide d’un discours pseudo-sophistiqué instillent dans leurs sociétés la haine des juifs. Ceci est particulièrement impardonnable en Allemagne où l’on sait jusqu’où les mots peuvent mener et où pour la première fois, un homme public os s’exprimer de ls sorte envers Israël.
Au moyen d’un texte poétique diffusé dans des grands journaux le Prix Nobel de Littérature Günter Grass accuse Israël ni
plus ni moins « de menacer la paix mondiale déjà si fragile ». Sous les mêmes latitudes il y a 80 ans on disait cela du juif. Grass a publié son texte dans les plus importants journaux
allemands et également à l’étranger, dans le « New York Times » américain et « La Repubblica » italienne. Sous le titre « Ce qu’il faut dire… », il attaque notamment le gouvernement allemand pour
avoir vendu un sous-marin à Israël. De manière scandaleuse, il dénonce « un prétendu droit d’attaquer le premier dont Israël se prévaudrait » et déclare « qu’une telle démarche pourrait mener à
l’éradication du peuple iranien » !!
Cette attitude n’est certes pas étonnante venant d’un homme qui a avoué avoir appartenu aux sinistres Waffen SS. Grass
considère que c’est la puissance atomique et non celle de l’Iran qui menace la paix mondiale, il lance un cri « avant qu’il ne soit trop tard » et conjure l’Allemagne « de ne pas être complice de
ce qui est à prévoir ». L’écrivain dénonce également « la chappe de plomb et les hésitations allemandes à dénoncer Israël à cause du poids de la Shoah qui taxe d’antisémite quiconque ose
critiquer Israël ».
Le quotidien “Die Welt” est cependant très critique envers l’auteur du “Tambour”, le qualifiant d’«antisémite invétéré »
et d’« archétype de l’antisémitisme intellectuel ». Très populaire en Allemagne surtout dans la génération née durant la 2e Guerre Mondiale, Grass avait soudainement perdu de sa notoriété en 1996
lorsque ce gauchiste avoué son passé nazi.
Israël a vivement réagi à ces propos. « Ce qui doit être dit, c’est qu’il est de tradition européenne de blâmer les
juifs avant la Pâque juive », a lancé le numéro deux de l’ambassade de l’Etat hébreu à Berlin, Emmanuel Nahshon, dans un communiqué, reprenant le titre du texte de Grass. Le représentant
israélien a regretté que son pays soit « le seul au monde remis en cause publiquement dans son droit d’exister ».
Comme énormément de ses confrères des anciens pays totalitaires ou colonisateurs, Günter Grass soulage le poids de sa
mauvaise conscience en adoptant une attitude anti-israélienne qui n’est pas moins qu’un néo-antisémitisme déguisé et politiquement correct. L’Histoire a déjà montré les passerelles qui existaient
dans les deux sens entre nazisme et pacifisme.
Les effets de cette attitude diabolisatrice qui se généralise en Europe se sont vérifiés à Toulouse il y a deux
semaines.
Günter Grass, REUTERS/Christian Charisius