Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 09:00
- Publié dans : Réfugiés


Les souffrances des réfugiés juifs des pays arabes doivent être reconnues

et on doit les compenser pour leurs pertes

 

 

Par Irwin Cotler, ex- ministre de la justice du Canada, membre du parlement canadien; professeur emeritus de droit à l'Université Mac Gill, avocat international, conseil d'Ong israéliennes et palestiniennes.

Article paru le 7/12/11 dans le Jerusalem Post

Traduit par Albert Soued, écrivain http://soued.chez.com pour www.nuitdorient.com 

Le 4 janvier 2012

 

Alors que j'étais le délégué canadien aux travaux interparlementaires des Nations Unies, j'ai traversé une expo marquant la Journée de Solidarité annuelle au Peuple palestinien. Le thème central de cette expo était ce qu'on appelle "la Naqba " ou "la catastrophe" subie par le peuple palestinien, du fait de la refondation de l'état d'Israël.

Une fois de plus, les Nations Unies commémoraient ce 29 novembre, 64ème anniversaire de la résolution de l'Onu partageant la Palestine entre Juifs et Arabes, tout en continuant d'ignorer la détresse des réfugiés juifs (1)

Cet organisme mondial falsifie une fois de plus la loi et l'histoire au profit des Arabes, sachant que les pays arabes en 1947 ont non seulement rejeté le plan de partition et un état palestinien et sont partis en guerre pour éliminer l'état juif naissant, mais ils ont persécuté leurs nationaux juifs, vivant dans ces pays depuis des siècles, bien avant l'arrivée des Arabes.

Cette décision des pays arabes a entraîné deux populations de réfugiés: les arabes de Palestine que les armées arabes envahissantes ont incité à quitter leurs foyers pour les épargner dans leur guerre contre Israël, les juifs des pays arabes qui ont été chassés de leur patrie par les gouvernements arabes.

En effet, le rapport "les Réfugiés Juifs des pays arabes: leurs droits à réparation" témoigne et apporte une information sur la répression et les persécutions subies par ces Juifs en pays arabe – y compris des lois du type Nuremberg – dont les conséquences ont été la perte de nationalité et de passeport, les expulsions forcées, les biens sous séquestre illégal, les arrestations arbitraires et les détentions, la torture et les meurtres – très exactement des "pogroms".

Et l'histoire juive parle des pogroms des Juifs d'Europe, ignorant souvent ceux subis par les Juifs en pays arabo-musulman. De plus, comme le précise le rapport mentionné, la violation massive des droits de l'homme n'était pas seulement la conséquence du modèle d'oppression en usage dans les pays arabes, mais celle d'un projet prémédité, celui qui est contenu dans la Charte du comité politique de la Ligue arabe.

Ceci est une histoire qui doit être entendue, une vérité qui doit être aujourd'hui reconnue. A mon regret, les Nations Unies portent une immense et directe responsabilité dans la distorsion des faits historiques de ce qui s'est réellement passé au Moyen Orient, notamment dans le récit de la recherche de la paix.

Depuis 1948, on a compté plus de 150 résolutions de l'Onu traitant spécifiquement des réfugiés palestiniens, et aucune ne fait référence à la détresse des 850 000 Juifs chassés des pays arabes !

Aucun des pays arabes impliqués – ni aucun chef palestinien concerné – n'ont reconnu, ni exprimé un quelconque regret, pour avoir infligé des souffrances et des malheurs à ces Juifs des pays arabes, et, encore moins, ils n'ont manifesté une quelconque responsabilité.

Comment corriger cette injustice historique, qui suit son cours ? Quels sont les  droits et les remèdes possibles sous les lois internationales humanitaires ? Et quels sont les devoirs t les obligations qui incombent aux Nations Unies, aux pays arabes et aux membres de la Communauté Internationale ? Pour répondre à ces questions, je propose un agenda d'action humanitaire mondiale en 9 points -

1 - D'abord comme la justice est oubliée depuis fort longtemps sur ce sujet, il est urgent d'apporter les corrections sur le plan de l'information sur les souffrances subies par les Juifs des pays arabes et la vérité sur cet "exode oublié", dans l'histoire du Moyen orient depuis 64 ans.

2 – Il faut apporter des compensations aux victimes juives des pays arabes,  y compris les droits à la commémoration, à la réparation, à la vérité, à la justice, comme prescrit par les lois internationales sur les droits de l'homme.  

3 – Tout pays arabe ainsi que la Ligue arabe doivent reconnaître leur rôle et leur responsabilité dans cette double agression, d'avoir lancé une guerre d'agression contre Israël, et d'avoir violé les droits de l'homme dans leurs agressions contre leurs propres nationaux juifs. La culture de l'impunitédoit prendre fin.

4- Le plan de paix de la Ligue arabe de 2002 – considéré par les pays arabes comme un projet pour une paix durable arabo-israélienne – doit incorporer la question des réfugiés juifs des pays arabes, question qui doit être incluse dans l'historique officiel, comme la question des réfugiés palestiniens est incluse dans la vision de paix des Israéliens.

5- Sur le plan international, l'Assemblée Générale des Nations Unies – dont le thème de la session à laquelle j'ai participé est la "responsabilité politique" --- et dans l'intérêt de la justice et de l'équité, doit inclure dans ses résolutions annuelles la référence aux réfugiés juifs des pays arabes, tout autant que les réfugiés arabes de Palestine. Le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu doit aussi bien parler des réfugiés juifs que des réfugiés arabes. De même les agences de l'Onu qui traitent des compensations devraient également inclure les réfugiés juifs des pays arabes.

6- La commémoration annuelle du 29/11, journée de solidarité avec le peuple palestinien, aux Nations Unies, devrait être transformée en une Journée Internationale de Solidarité pour 2 peuples-2 états, comme prévu initialement par la résolution de partition de 1947, journée de solidarité avec tous les réfugiés provoqués par le conflit imposé par les pays arabes
7- Toute juridiction concernant les réfugiés arabes de Palestine devrait être transférée de l'Unrwa au Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés, car il n'y a aucune justification légale à ce jour pour la coexistence de deux entités distinctes pour traiter des réfugiés, encore moins quand une des entités créée s'est compromise par son incitation à la haine et son enseignement révisionniste au Moyen Orient..
8 – Toute négociation bilatérale israélo-palestinienne – qui on l'espère mènera à une paix durable – devrait inclure la question des réfugiés juifs des pays arabes, à chaque fois qu'il est question des réfugiés palestiniens.
9 – Dans toute discussion de paix au Moyen Orient, telle que le Quartet ou autre, toute mention explicite aux réfugiés palestiniens doit être accompagnée de la mention des réfugiés juifs des pays arabes

La négation et l'exclusion continue des droits des réfugiés juifs des pays arabes ne pourront que nuire à toute négociation authentique entre les parties et saboter la justice et la légitimité de tout accord. Ne nous méprenons pas sur ce sujet.

Quand il y a oubli, la vérité disparaît. Quand il n'y a pas de vérité, il n'y a pas de justice. Quand il n'y a pas de justice, il n'y a pas de vraie réconciliation. Et quand il n'y a pas de réconciliation, il n'y aura pas de paix, celle que tout le monde recherche.

 

 

Note de la Traduction

(1) Plus nombreux que les réfugiés palestiniens, ayant beaucoup plus des exactions et pogroms arabes et ayant perdu des biens immenses, sans commune mesure avec les pertes des arabes de Palestine

 


Revisionism, rejectionism and Arab-Israeli peace

By IRWIN COTLER 
12/07/2011 jpost 

The suffering of Jewish refugees from Arab countries must be acknowledged, compensated for their losses.

  

 

While serving as a Canadian delegate to the annual inter-parliamentary hearing at the United Nations, I came across an exhibit marking the annual International Day of Solidarity with the Palestinian People. The central theme of the exhibit is the Nakba – catastrophe – suffered by the Palestinian people, due to the establishment of the State of Israel.
Once again, the United Nations commemorated the International Day of Solidarity with the Palestinian People on November 29 – the 64th anniversary of the Partition Resolution – by continuing to ignore the plight of Jewish refugees. Turning history and law on its head, the world body once again failed to note that the Arab countries not only rejected a Palestinian state and went to war to extinguish the nascent Jewish state, but also targeted the Jewish nationals living in their respective countries.
Two refugee populations were created by that decision – the Palestinian refugee population resulting from the Arab war against Israel, and the Jewish refugees resulting from the Arab war against its own Jewish nationals.
Indeed, evidence contained in a report titled “Jewish Refugees from Arab Countries: The Case for Rights And Redress” documents a pattern of state-sanctioned repression and persecution in Arab countries – including Nuremberg-like laws – that targeted its Jewish populations, resulting in denationalization, forced expulsions, illegal sequestration of property, arbitrary arrest and detention, torture and murder – namely, anti-Jewish pogroms.

And while the internal Jewish narrative has often referred to pogroms as European attacks on their Jewish nationals, it has often ignored Arab-Muslim attacks on their Jewish nationals.
Moreover, as the report also documents, these massive human rights violations were not only the result of state-sanctioned patterns of oppression in each of the Arab countries, but they were reflective of a collusive blueprint, as embodied in the Draft Law of the Political Committee of the League of Arab States.

This is a story that needs to be heard. It is a truth that must now be acknowledged.
Regrettably, the United Nations also bears express and continuing responsibility for this distorted Middle East and peace narrative. Since 1948, there have been more than 150 UN resolutions that have specifically dealt with the Palestinian refugee plight. Yet not one of these resolutions makes any reference to, nor is there any expression of concern for, the plight of the 850,000 Jews displaced from Arab countries.
Nor have any of the Arab countries involved – or the Palestinian leadership involved – expressed any acknowledgement, let alone regret, for this pain and suffering, or for their respective responsibility for the pain and suffering.

How do we rectify this historical – and ongoing – injustice? What are the rights and remedies available under international human rights and humanitarian law? And what are the corresponding duties and obligations incumbent upon the United Nations, Arab countries and members of the international community? 
To answer these questions, I propose a nine-point international human rights action agenda.

• First, it must be appreciated that while justice has long been delayed, it must no longer be denied. The time has come to rectify this historical injustice, and to restore the plight and truth of the “forgotten exodus” of Jews from Arab countries to the Middle East narrative from which they have been expunged and eclipsed these 64 years.

• Second, remedies for victim refugee groups – including rights of remembrance, truth, justice and redress, as mandated under human rights and humanitarian law – must now be invoked for Jews displaced from Arab countries.

• Third, in the manner of duties and responsibilities, each of the Arab countries – and the Arab League, which has played a protective role in Libyan and Syrian aggressions – must acknowledge their role and responsibility in their double aggression of launching an aggressive war against Israel and the perpetration of human rights violations against their respective Jewish nationals. The culture of impunity must end.

• Fourth, the Arab League Peace Plan of 2002 – still held out as a blueprint for an Arab-Israeli peace – should incorporate the question of Jewish refugees from Arab countries as part of its narrative for an Israeli-Arab peace, just as the Israeli narrative now incorporates the issue of Palestinian refugees in its vision of an Israeli-Arab peace.

• Fifth, on the international level, the UN General Assembly – whose theme in the session in which I participated this past week was “political accountability” – and in the interests of justice and equity – should include reference to Jewish refugees as well as Palestinian refugees in its annual resolutions; the UN Human Rights Council should address, as it has yet to do, the issue of Jewish as well as Palestinian refugees; UN agencies dealing with compensatory efforts for Palestinian refugees should also address Jewish refugees form Arab countries.

• Sixth, the annual November 29 commemoration by the United Nations of the International Day of Solidarity with the Palestinian People should finally be transformed into an International Day of Solidarity for a Two-Peoples Two-State Solution – as the initial 1947 Partition Resolution intended – including solidarity with all refugees created by the Israeli-Arab conflict.

• Seventh, jurisdiction over Palestinian refugees should be transferred from UNRWA to the United Nations High Commissioner for Refugees. There was no justification then – and still less today – for the establishment of a separate body to deal only with Palestinian refugees, particularly when that body is itself compromised by its incitement to hatred, as well as its revisionist teaching of the Middle East peace and justice narrative.

• Eighth, any bilateral Israeli-Palestinian negotiations – which one hopes will presage a just and lasting peace – should include Jewish refugees as well as Palestinian refugees in an inclusive joinder of discussion.

• Ninth, during any and all discussions on the Middle East by the Quartet and others, any explicit reference to Palestinian refugees should be paralleled by a reference to Jewish refugees from Arab countries.

The continuing exclusion and denial of rights and redress to Jewish refugees from Arab countries will only prejudice authentic negotiations between the parties and undermine the justice and legitimacy of any agreement.

Let there be no mistake about it. Where there is no remembrance, there is no truth; where there is no truth, there will be no justice; where there is no justice, there will be no reconciliation; and where there is no reconciliation, there will be no peace – which we all seek.

 

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