Dimanche 1 décembre 2013 7 01 /12 /Déc /2013 12:15
- Publié dans : Daniel Sibony

Le problème entre l'islam et les autres n'est-il pas surtout aggravé par l'interdit d'en parler? Par la censure dont on le couvre et par la façon étrange dont l'Occident le gère ?


Voici un compte-rendu de ce livre par Mireille Valette à lire en entier sur  contre-chantmireillevallette

Pour avancer, il faut dévoiler le «Secret» de l’islam 

Les élites des pays démocratiques se muent en gardiennes du «Secret », soit les versets violents contenus dans le Coran. Selon Daniel Sibony, elles enferment ainsi les musulmans dans leur identité et font le jeu du radicalisme.

 

Depuis que je m’intéresse à la question de l’islam, je me pose la même question: pourquoi lors des multiples polémiques qu’ils traitent, les journalistes n’interrogent-ils jamais leurs interlocuteurs musulmans sur leurs textes et en premier lieu le Coran? Pourquoi ne prennent-ils pas la peine de se renseigner là où chacun peut le faire? Et plus globalement, pourquoi les élites des pays démocratiques dans leur ensemble font-elle de même?

 

C’est qu’il existe selon Daniel Sibony un «Secret» bien gardé, à savoir les dizaines 
de versets qui expriment une «vindicte» contre les juifs, les chrétiens et les non-musulmans (dont le djihad, mais ce mot est banni du livre). (1)  L’auteur traite de cette question par un biais psychanalytique, avec une belle volonté de relier nos deux cultures. On peut inclure dans sa démonstration le traitement des femmes.

 

Deux «culpabilités narcissiques» se tiennent par la barbichette dans cette histoire. D’une part celle de l’Occident qui vise à défendre les musulmans au nom de son passé coupable -shoa, colonisation- et de ses valeurs supérieures. Débattre de ces versets qui excluent l’autre, ce serait «stigmatiser », qui plus est une minorité. Et les minorités, on se fait un devoir de les protéger…. fut-ce contre elles-mêmes. C’est un certain mépris que les élites occidentales expriment ainsi, qui sous-entend que les musulmans sont incapables d’affronter ce problème. Or, Daniel Sibony en est convaincu, ils le sont.

 

Pieux mensonges

 

L’Occident soucieux de sa belle image les enferme ainsi dans leur identité fondamentale, au besoin par de pieux mensonges. Malek Chébel Gilles Kepel ou Tarek Obrou, fervents partisans de la rencontre des cultures, partagent cette «peur de dire» et utilisent divers stratagèmes pour n’avoir pas à dévoiler le «Secret ». L’ONU de son côté participe activement à fixer dans le marbre l’interdiction de parler du contenu violent du Coran.

 

La culpabilité narcissique des musulmans de son côté se traduit par la conviction que leur religion est supérieure et par la crainte que la reconnaissance et la relativisation de ces versets n’altèrent leur identité. De plus, face à une élite si compréhensive, «pourquoi brader ses origines, son âpreté, sa pureté, sa perfection, si on peut les garder et en même temps bénéficier de l’intégration ? », questionne l’auteur.

 

Et pourtant, beaucoup de musulmans, une grande majorité pense Sibony, ont un réel désir de vie pacifique et même conviviale avec les autres. Ils ne sont pas responsables de versets écrits il y a plus d’un millénaire. Il n’est pas question qu’ils modifient leur Texte, mais ils pourraient entretenir un autre rapport avec lui. Cet autre regard permettrait de «reconnaître la violence -extrême- de l’acte fondateur, et de dire qu’elle est obsolète, qu’on n’en est plus là, plutôt que de laisser les extrémistes la mettre en œuvre». Car le maintien du tabou, ce sont surtout les musulmans qui en souffrent, ils sont facilement pris en otage par les fondamentalistes qui les somment de défendre leur Texte sous peine d’être pris pour des traîtres. Les élites tendent au final à renforcer les rangs des plus radicaux.

 

Seuls les «islamophobes»désirent éventer le «Secret »

 

Ces gardiens du Secret doivent exercer une forte pression pour empêcher qu’il ne soit dévoilé. Ils ont fait en sorte qu’évoquer le Coran et sa vindicte, c’est passer pour islamophobe, voire raciste. Au nom de la laïcité, les mêmes disent qu’on n’a pas à se mêler du contenu des textes. Ce qui aboutit à ce paradoxe : «… si quelqu’un dit que les juifs sont des pervers, il encourt une peine de prison, mais s’il enseigne à cent adeptes du Coran que celui-ci tient les juifs pour des pervers, il ne fait que transmettre un texte sacré.»Sibony pose la question clairement : «Faut-il enseigner dans les écoles coraniques des textes appelant à la haine des autres?» Lire la suite 

 


 


 

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