Innover pour survivre et l’emporter
Quelques chiffres suffisent à mesurer la concentration de facteurs innovants en Israël. Alors qu’en 2009 le Nasdaq cotait 2 entreprises allemandes, 2 françaises et 6 japonaises. Pas moins de 63 entreprises israéliennes y étaient "listées", plus que n’importe quel pays étranger. Avec seulement 7 millions d’habitants, ce petit pays est pourtant celui qui investit le plus en recherche et développement civil avec 4,3% du PNB en moyenne entre 2000 et 2005 soit plus du double que la France sur la même période. Le capital-risque, troisième source de financement de l’innovation est lui aussi très présent avec plus de 250$ investit par habitant en 2008 soit plus de deux fois et demie les montants américains.
De tels financements totalement privés ne sont pas une manne céleste qui tomberait comme une pluie bienfaisante sur les entreprises israéliennes. Ces financements résultent d’un climat économique et d’une mentalité d’innovation omniprésente incarnée par la remise en cause permanente de toute situation établie et l’implication individuelle pour la cause nationale. Une implication que certains n’hésitent pas à attribuer à l’importance de l’armée dans laquelle l’expression "ce n’est pas de ma faute" n’existerait simplement pas.
Et les résultats ne se font pas attendre. Israël figure au 6e rang mondial en matière de contribution en termes de prix Nobel par habitant. Le nombre de publications scientifiques par habitant (109 publications par 10 000 personnes) et de brevets déposés par habitant figure parmi les plus élevés au monde. Ce n’est pas un hasard non plus si les plus grandes entreprises mondiales (Cisco, IBM, Intel, Microsoft…) disposent aujourd’hui en Israël de centres de R&D qui comptent parmi les plus influents de la planète.
La crise, et alors ?
Pourtant, Israël est tout sauf une terre de tranquillité dont les habitants pourraient se consacrer sereinement à la recherche ou au développement de nouveaux
produits et de nouvelles idées. Israël, pays jeune, pays en guerre, pays encerclé par des voisins souvent menaçants, Israël est un pays où la crise est la norme. Ni la guerre des Six Jours, ni
celle du Kippour, pas plus les deux guerres du Golfe n’ont pu interrompre le développement technologique et économique du pays. Un pays qui semble sortir renforcé de chacune des épreuves qu’il
parvient à surmonter.
Même la bulle internet n’est pas arrivée à bout de l’esprit start-up.
En effet, selon l’Israël Capital Venture Research, le pays compterait pas moins de 3850 start-ups soit une pour 1844 habitants, un record mondial. L’idée même de crise, d’un avenir incertain sur tous les plans économique, politique, écologique (la gestion de l’eau est un des principaux problèmes auquel doit faire face Israël), participe de la mentalité générale et de la dynamique commune qui pousse toujours le pays et sa population vers l’avenir. Lire la suite sur lecercle.lesechos.fr
(1) Fondateur d’Intel Israël, cité dans "Israël, la Nation Start-up" Maxima, Paris, 2011.