Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 02:32
- Publié dans : Arabes palestiniens

Voici l'analyse d'Angelo Pezzana  à propos du discours d'Avigdor Lieberman à l'ONU, l'article est paru dans le journal italien LIBERO le 3 octobre en page 19 et bien sûr dans son excellent site www.informazionecorretta.com voir l'article en italien lien

Si les pourparlers entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne venaient à cesser, une partie de la presse israélienne et internationale a déjà identifié le coupable en la personne du Ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui a toutes les caractéristiques pour jouer le rôle du méchant. Il est arrivé de Russie*1 donc ne fait pas partie de l'establishment diplomatique traditionnel et ses relations avec le reste de l'ensemble du Ministère des Affaires étrangères ne sont pas des meilleures. Alors que le discours diplomatique est tout en nuances, Lieberman utilise un langage clair et ne mâche pas ses mots, aussi quand vendredi dernier, à la tribune de l'ONU, il a déclaré, «pour parvenir à une confiance mutuelle il faudra une dizaine d'années ou une génération*2 , nombreux sont ceux qui ont demandé sa destitution immédiate ou au moins l’ont critiqué pour s’être immiscé dans la relation entre Netanyahu et Abou Mazen.

En réalité, Lieberman a défendu bien autre chose dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, une intervention qui d’après de nombreux analystes du Moyen-Orient ne s’est pourtant pas trop éloignée de la ligne officielle du gouvernement israélien. Mais à l’ONU, c’était Lieberman, le faucon, le méchant, et toute la teneur du discours a été ignorée.

Que dit Lieberman ? Les Palestiniens tout au moins jusqu’en 1967, ne se sont jamais identifiés en tant que peuple et cela n’est jamais venu à l’esprit d’aucun état au monde qu’ils formaient un peuple, alors qu’aujourd’hui ils revendiquent un état dans lequel la présence des Juifs sera effacée, un état judenrein comme disait Hitler. C’est ce qui se produirait si Bibi devait accepter  la revendication palestinienne de transférer à l’intérieur des frontières de 1967 près de 300 000 israéliens qui vivent en Judée-Samarie.

La solution proposée par Lieberman est celle de deux états séparés, Israël pour les Juifs et la Palestine pour les Arabes. Pour y arriver sans effectuer aucun transfert de population, il suffit d’une révision concertée de frontières, un projet soutenu depuis toujours par le professeur Sergio Della Pergola, un des plus grands experts en démographie dans le monde et ce projet n’est absolument pas en fait un projet de la Droite.*3

Il suffirait d’inclure dans le territoire palestinien ce qu’on appelle « Le Triangle », au nord d’Israël, habité presque exclusivement par des arabes et d’inclure dans le tracé d’Israël les zones du Goush Etsion, Ariel, Ma’alé Adoumim et autres habitées exclusivement de Juifs.

Lieberman a aussi demandé pourquoi jamais un état palestinien n’a-t-il été proclamé quand entre 1948 et 1967 durant presque 20 ans, la Cisjordanie et Gaza étaient sous domination arabe. C’est évidemment une question qu’il n’est pas de bon ton de poser au nom du politiquement correct, c’est pour cela que Lieberman a ensuite affirmé « arrêtons de parler de territoires en échange de la paix, déplaçons les frontières de façon à ce qu’elles reflètent la réalité démographique », il avait auparavant fait l’historique du refus arabe de paix avec Israël de 1948 à aujourd’hui.
En ce moment, l'envoyé d'Obama exhorte les parties, Bibi ne semble pas être disposé à prolonger le moratoire.*4
Son refus ne semble pas influer négativement la partie adverse, une preuve qu’une position claire et ferme peut être plus productive que des concessions.
Adapté par Danilette

 

Notes de la traductrice

*1 en 1978 tout de même !

*2 « Dans ces conditions, nous devrions nous concentrer, lors des prochaines négociations, sur l'obtention d'un accord intermédiaire à long terme, une chose qui pourrait prendre quelques décennies. Nous avons besoin d’une toute nouvelle génération élevée dans la confiance, qui ne sera pas influencée par les messages extrémistes et l'incitation à la haine. Pour parvenir à un accord sur le statut final, nous devons comprendre que le principal obstacle reste l’absence de confiance entre les deux nations. »

*3 comme toutes les analyses dans la presse française le décrivent ad nauseam, extrémiste de droite disent-il par ex. dans Libération "le chef de file du parti d'extrême droite" etc.

*4 sur la construction dans les territoires, en fait à l’intérieur des villages israéliens où il faut continuer à construire crèches, écoles, et entretenir les infrastructures existantes, tout est resté gelé, il n’y avait pas de possibilité de réparer même un toit prenant l’eau…

 

 

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