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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 00:13
- Publié dans : International

http://www.les4verites.com/Libye-un-echec-militaire-diplomatique-et-humanitaire-3853.html

Le 17 mars, n’écoutant que son courage et Bernard-Henri Lévy, penseur, écrivain et journaliste, Nicolas Sarkozy lança l’armée française contre la Libye du colonel Kadhafi, ce même Kadhafi reçu en grande pompe à l’Élysée 3 ans auparavant.

Il s’agissait de sauver le peuple libyen de l’oppression du colonel. L’opération prendrait fin en 15 jours. Tout était réglé sur ce pari-là. Le 1er juillet, Kadhafi est toujours à Tripoli, malgré des bombardements quotidiens, solidement défendu par sa tribu. Cette décision impulsive et meurtrière du chef de l’État fut une grave erreur. Sarkozy a décidé seul cette opération dans l’ignorance complète d’un dossier complexe. Le ministre des Affaites étrangères ne fut même pas informé. Il s’en indigna publiquement, puis se rallia.

Si le chef de l’État avait pris la peine de s’informer, il aurait appris que la Libye n’est pas la Tunisie. C’est un pays tribal qui compte 140 tribus. Celles de l’Est ont toujours été hostiles à celles de l’Ouest, fidèles à Kadhafi. La Cyrénaïque s’est toujours soumise avec difficulté à la Tripolitaine. Il n’était pas acceptable de faire preuve d’ignorance et d’ingérence à ce point, en soutenant, dans un pays qui nous est complètement étranger, des tribus les unes contre les autres.

De plus, il est une règle fondamentale des relations internationales qui consiste à reconnaître des États et non une organisation insurrectionnelle, le CNT, composé, de surcroît, d’un certain nombre de responsables qui, pendant des décennies, ont mis en œuvre la politique de Kadhafi : arrestations, exactions, assassinats… Enfin, et surtout, il n’a jamais été prouvé que l’armée de Kadhafi voulait massacrer la population de Benghazi.

Au plan militaire, l’aventure a révélé les graves faiblesses, que l’on ne soupçonnait pas, de l’armée de l’air française, à court de munitions, après deux mois d’opérations, avec un porte-avions dont on apprend qu’il doit être à nouveau immobilisé pendant un an et qu’il lui faudra prochainement rentrer au port.

Pour la Grande-Bretagne, ce n’est guère mieux. « L’Air chief marshall » de la Royal Air Force a sonné l’alarme en déclarant que l’armée de l’air britannique était en « surchauffe ». Le « First sea Lord », l’amiral Marc Stanhope, a fait, quant à lui, une déclaration analogue concernant la marine. Il apparaît que la Grande-Bretagne, et surtout la France, ne sont plus en mesure de conduire une guerre, même de courte durée.
Au plan diplomatique, la Russie la Chine, la Turquie, l’Allemagne et plusieurs pays africains ont été, et restent, très réservés quant à l’aventure franco-britannique en Libye. Les États-Unis ont très vite mis fin à leur participation, ce qui n’empêche pas les sévères critiques du Congrès contre le peu qui a été fait par Obama. L’OTAN, elle, s’est en cette affaire divisée et discréditée. Alors que se profile l’abandon de l’Afghanistan aux talibans, l’OTAN n’avait vraiment pas besoin de cette guerre, menée au Machrek, contre des Arabes et des musulmans.

Au plan humanitaire, et c’est un comble, les bombardements franco-britanniques ont évidemment tué de nombreux civils, y compris les petits-enfants du colonel et quelques autres. En quoi de tout jeunes enfants sont-ils responsables de la politique en Libye ? Est-ce cela la protection des populations ci­viles, comme l’a demandé le conseil de sécurité de l’ONU ? La cour pénale internationale va-t-elle alors lancer un mandat d’arrêt contre Sarkozy pour crimes contre l’humanité ? Toujours est-il que la Libye est en partie détruite. Il faudra des sommes considérables pour la reconstruire. Qui va payer ? Le contribuable français ?

J’ajoute que de nombreux Africains, soupçonnés d’être des mercenaires de Kadhafi ont été arrêtés, torturés et exécutés par le CNT, cette organisation qui devait faire régner la paix en Libye et assurer le respect des droits de l’homme ! Il faut savoir aussi qu’un grand nombre d’armes a été distribué à qui en voulait, y compris par la France, ce qui va contribuer à une guérilla incessante en Libye et ailleurs. Al Qaïda au Maghreb islamique pourra faire son marché sans aucun problème.

Enfin, on est en droit de se demander si la protection des populations civiles est le but de l’opération libyenne, lorsqu’on sait qu’en Syrie, Bachar Al Assad a déjà fait tuer 1 400 civils et procédé à 10 000 arrestations. Va-t-on déclarer la guerre à la Syrie ? Et pourquoi pas à la Chine pour libérer le Tibet ? Bref, il était difficile de commettre pire erreur.


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