Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 14:02
- Publié dans : Arabes palestiniens

 

My kingdom for a Hoax, Emmanuel Navon
Mon royaume en échange d'une supercherie
http://navonsblog.blogspot.com/2011/05/my-kingdom-for-hoax.html 

Un spectre hante Israël. Tandis que l'Autorité palestinienne menace de déclarer un état en septembre avec la reconnaissance de l'ONU, de nombreux Israéliens semblent croire que l'apocalypse est proche. Pourtant ce qui est proche, ce n'est pas le Big Bang mais plutôt un big Flop.

L'État palestinien a déjà été proclamé et son admission à l'ONU avait déjà été recommandée par l'Assemblée générale. Le 15 novembre 1988, Yasser Arafat a proclamé à Alger la création de l'État de Palestine avec Jérusalem comme capitale et lui-même comme président. Un mois plus tard, l'Assemblée générale adoptait une résolution qui reconnaissait « la proclamation de l'État de Palestine » et désormais l'OLP serait remplacé par la "Palestine" à l'ONU. Cette résolution fut adoptée avec 104 votes pour, 44 abstentions et 2 votes contre (les États-Unis et Israël). Depuis, l'Assemblée générale a adopté plusieurs résolutions soutenant un État palestinien.

Les résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies ne sont toutefois pas contraignantes (par opposition aux résolutions du Conseil de Sécurité). Ce sont de simples recommandations. L'Assemblée générale n'a pas le pouvoir de créer des états et elle ne le fait pas. Contrairement à une idée répandue, l'ONU n'a pas établi l'État d'Israël. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé la recommandation de l'UNSCOP (le comité spécial des Nations Unies sur la Palestine) de diviser le mandat britannique entre un État juif et un État arabe. Cette résolution n'était pas contraignante. Ce qui a créé l'État d'Israël, ce sont sept décennies de travail et une guerre d'indépendance dans laquelle les Juifs se sont battus eux-mêmes sans aucune aide de l'ONU (avec seulement une aide militaire de la Tchécoslovaquie, un satellite soviétique).

L'Assemblée générale de l'ONU ne peut pas admettre de nouveaux membres sans l'approbation du Conseil de Sécurité. Si l'un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité met son veto, l'État de Palestine ne sera pas accepté à l'ONU (le Kosovo n'est pas membre des Nations Unies en raison du veto de la Russie). D'où les efforts diplomatiques déployés par Israël et par l'Autorité palestinienne pour faire pression sur les 2 membres indécis du Conseil de Sécurité, la Grande-Bretagne et la France.

La différence entre 1988 et 2011, bien sûr, c'est que l'OLP et le Hamas contrôlent partiellement la Cisjordanie et Gaza. À l'époque, l'OLP opérait depuis Tunis et le Hamas en était à ses balbutiements. Un contrôle territorial, même partiel, donne plus de puissance à la déclaration d'indépendance palestinienne. La convention de Montevideo sur les droits et devoirs des états, en 1933, donne la formulation la plus largement acceptée des critères de l'État en droit international :

  1. Une population permanente
  2. Un territoire défini
  3. Un gouvernement
  4. La capacité d'établir des relations avec les autres états.

L'Autorité palestinienne remplit ces critères mais avec deux réserves qui vont nourrir la lutte diplomatique qui s'annonce entre Israël et les Palestiniens.

Jusqu'à la semaine dernière, les Palestiniens avaient deux gouvernements : un gouvernement du Fatah (l'OLP) en Cisjordanie et un gouvernement du Hamas à Gaza. Alors que le récent accord entre le Hamas et le Fatah a mis fin officiellement à cette dualité, le nouveau gouvernement palestinien est composé d'une organisation terroriste reconnue comme telle par les États-Unis, l'Union européenne, le Canada, l'Australie, le Japon et Israël. Les Palestiniens tentent d'obtenir le blanchiment moral du Hamas (ils peuvent compter sur le soutien de pays comme la Russie, la Turquie, la Norvège et la Suisse), tandis qu'Israël va essayer de convaincre l'Union européenne de ne pas retirer le Hamas de la liste noire des organisations terroristes.

La deuxième réserve concerne le territoire. Le territoire palestinien n'est pas défini, il est contesté. Le Hamas revendique ouvertement toute la Palestine alors que l'OLP revendique officiellement la totalité de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem Est (en réalité, un examen des livres scolaires de l'Autorité palestinienne, des programmes de la télévision palestinienne et des discours publics en arabe prouvent le contraire). La revendication de Mahmoud Abbas affirmant que la totalité de la Cisjordanie appartient aux Palestiniens n'a pas de fondement historique ni juridique. La ligne verte de 1949 était une ligne d'armistice temporaire entre Israël et ses agresseurs arabes. La résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies n'exige pas un retrait israélien à ces lignes. La Cisjordanie a été contrôlée et annexé par la Jordanie entre 1949 et 1967 et il n'y a jamais eu d'État palestinien dans le passé sur ce territoire [ni ailleurs]. Les Palestiniens tentent de travestir ces faits en affirmant que leurs revendications territoriales sont soutenues par le droit international. C'est faux. Pourtant la plupart des pays soutiennent les revendications territoriales des Palestiniens. L'administration Obama n'a ni approuvé ni répudié la lettre d'engagement du président Bush à Ariel Sharon du 14 avril 2004, qui déclare notamment « qu'il est irréaliste de s'attendre à ce que le résultat des négociations sur le statut final soit un retour total et complet aux lignes d'armistice de 1949 ».

Le vrai but du vote de septembre n'est pas de déclarer et de reconnaître un État qui a déjà été déclaré et reconnu dans le passé. Son vrai but est d'obtenir trois choses de la communauté internationale :

  1. Ne plus exiger que les Palestiniens renoncent à leur revendication du droit au retour comme condition préalable
  2. Donner une légitimité au Hamas
  3. Rendre illégitime toute présence juive au-delà de la ligne verte y compris dans la vieille ville de Jérusalem.

Même si le vote de septembre à l'Assemblée générale des Nations Unies sera juridiquement vide de sens, il reconnaîtra implicitement le droit au retour et l'idéologie hideuse du Hamas ainsi que ses crimes.

Tandis que nous, Israéliens nous apprêtons à célébrer nos 63 ans d'indépendance, notre combat est loin d'être terminé.

Emmanuel Navon, le 6 mai 2011.

Adapté par Danilette

 

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