Voici que Biden choisit de se livrer à une attaque explicite sans précédent, précisément maintenant, contre Netanyahou. C’est justement à la veille d’un vote important à la Knesset consacrant enfin une avancée dans le rétablissement du système démocratique en Israël, mis à mal par la « révolution constitutionnelle » du Juge Aharon Barak, donnant, sans loi, sur la base de sa propre jurisprudence seulement, la prééminence à la Cour Suprême sur le Parlement.
De l’avis de très nombreux juristes, cette approche abusive doit impérativement être amendée, le dernier mot devant être rendu aux élus du Peuple, en vertu des principes démocratiques authentiques élémentaires, les juges inamovibles et non-élus n’ayant pas qualité à gouverner le pays.
Or depuis la formation du gouvernement démocratique il y a six mois, qui jouit d’une nette majorité à la Knesset, nous assistons à une tentative de subversion, comme l’Histoire de l’Etat d’Israël n’en a jamais connue, qui déploie de considérables moyens financiers, logistiques et manipulatoires des esprits, et dont on ignorait la source. Toutes les demandes de dévoiler qui finance ces opérations, comme il est normal dans un Etat démocratique, se heurtent à un refus hautain.
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La concordance de ces deux événements met en lumière l’interventionnisme indécent des agences américaines et maintenant du président US dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. Ces dernières années, plusieurs pays en Europe et ailleurs ont été ainsi travaillés par des manœuvres manipulatoires dites « révolutions de couleurs » pour satisfaire, dans des pays sans tradition démocratique, les préférences de telle ou telle administration des USA.Or l’Etat d’Israël possède, lui, depuis le rétablissement de la souveraineté juive dans son pays, une tradition démocratique puissante, malgré les empiètements de la Cour Suprême. Cette dernière est devenue la chasse gardée d’une certaine caste judiciaire dont le corps des procureurs constitue la matrice. Elle est orientée idéologiquement vers l’extrême gauche et en tout cas vers une certaine laïcité militante qui se croit tenue de faire barrage à tout ce qui se rattache à la Tradition Juive dans les affaires de l’Etat. Or, ce dernier courant fidèle au passé national et religieux juif devient majoritaire dans le pays.
Le subterfuge imaginé par les laïques enragés est le suivant : que la gauche gagne ou perde les élections, avec les places fortes qu’elle s’est constituée dans l’appareil de l’Etat, elle est assurée de gouverner quand même ! La Cour Suprême, les Affaires Etrangères, certaines unités de l’armée et surtout les moyens d’informations principaux sont à sa dévotion.
Il est largement temps de mettre le doigt sur ce qui se passe vraiment. Jamais, auparavant, aucune contestation politique n’avait osé tenter d’impliquer l’Armée de Défense d’Israël dans les débats. Or les principaux relais locaux de la subversion qui s’avèrent être les anciens Premier-Ministres Ehoud Barak et Ehoud Olmert n’ont pas hésité à mettre leur influence au service du chantage politique opéré par certaines unités de pilotes de guerre, et des opérateurs économiques importants dans la branche du High-Tech, afin de saboter à la fois la défense et l’économie nationales.
Ce qui est le plus frappant, à la vue de ces milliers de manifestants, c’est l’indigence de la pensée qui sous-tend la tentative de subversion actuelle. Répéter inlassablement : « démocratie » alors même que vous piétinez ses principes élémentaires en tentant de renverser par la force le gouvernement légal démocratiquement élu, répéter « dictature » alors que vous soutenez une dictature des juges qui n’existe dans aucun autre pays démocratique, répéter « honte » alors que vous tirez argument contre le Premier-Ministre Netanyahou d’un procès qui lui est fait qui s’avère de plus en plus clairement, selon l’appréciation de ses juges, être une manipulation politique gravissime de la police et du corps des procureurs. Pire peut-être, est le refus de toute discussion dans quelque forum que ce soit, dans les commissions de la Knesset, auprès du Président de l’Etat, procédure dérogatoire acceptée par le Gouvernement dans un esprit de conciliation, partout, la subversion ne démord pas. Elle entend mettre à bas ce gouvernement par le trouble et la force.
Tout cela se déroule en outre dans un contexte de menace extérieure laissant l’éventualité d’une attaque combinée de l’Iran, du Hezbollah libanais, des milices chiites en Syrie, de Gaza désormais tous nantis de quantités de missiles de plus en plus précis.
La division ainsi affichée du pays par les irresponsables subversifs, a toutes les chances de conduire à un nouvel embrasement général, laissant croire à l’ennemi que nous serions affaiblis.
Pourquoi les USA, un grand pays au passé démocratique soutiennent-ils à ce point la subversion en Israël ? Biden est largement prisonnier de l’aile gauche de son parti de plus en plus anti-israélienne, sous l’influence discrète d’Obama aux liaisons musulmanes extrémistes avérées. Mais aussi les courants juifs « libéraux » aux USA, en pleine crise d’identité, se croient obligés de prouver leur loyauté américaine en soutenant une politique violemment anti-israélienne. Il n’en faut pas plus.
Léon Rozenbaum