Au dernier courrier, un appel aux volontaires pour la cueillette des fraises. Nous les avons soignées et ainsi nous avons sauvé le mochav de la faillite – c’est tout au moins ce qui m’a été rapporté. Cette cueillette représentera donc une victoire, modeste, mais une victoire à laquelle nous aurons eu notre part, modeste. Il y a un moment où le seul moyen de ne pas sombrer dans le ressassement et une tristesse envahissante est de se lever et de participer à une œuvre ou un travail collectif. J’ai choisi d’aider Israël afin de circonscrire une certaine tristesse et mettre fin au ressassement. Ainsi que je l’ai dit aux Israéliens avec lesquels j’ai travaillé et qui me remerciaient, je me suis d’abord aidé en venant les aider. Je ne supporte plus l’odeur du troupeau, l’hostilité a priori contre Israël, la paresse intellectuelle qui consiste à ingurgiter et dégurgiter ce que servent les médias de masse, le manque de courage (la soumission à la voix du plus grand nombre), la paresse qui consiste à s’allonger sur un matelas pneumatique et à se laisser porter et emporter par le mainstream. Une amie israélienne m’a averti : « Vous empruntez un chemin difficile ». Elle n’a fait que confirmer ce que j’expérimente depuis des années. Mais une fois encore, j’ai toujours préféré avoir quelques amis que plein de potes. Et chemin faisant sur ce chemin difficile, je m’offre bien des joies par l’étude et les rencontres, avec un air sans cesse renouvelé, l’air des hauteurs. Je ne renoncerai en aucun cas à ces richesses pour me retrouver serré dans je ne sais quel transport en m’efforçant d’éviter l’haleine de mes voisins. Je passerai pour un arrogant mais ce qui doit être dit doit être dit. Et une fois encore, en aidant Israël, je m’aide – Israël m’aide.
Dans le vol du retour entre Israël et l’Espagne, à bord du Boeing 787-9 Dreamliner, j’ai observé un groupe de cinq hommes, jeunes, les cheveux rasés qui ne cessaient de parler et de rire, un groupe très uni. Ils parlaient en arabe. J’ai vite compris qu’ils étaient des Druzes de Tsahal. Je me suis senti d’un coup heureux. Il y a des défenseurs non-juifs d’Israël, peu nombreux mais convaincus, discrets mais dont les actions ne sont pas dénuées d’efficacité. Lire la suite sur https://zakhor-online.com/carnet-israelien-avril-2024-18-18/